Du coin de l'½il je la contemple,
Debout sur ce sable chaud,
Telle le pilier du temple.
Mon regard s'en est allé,
Figé comme devant un joyau,
Il ne peut plus se retourner.
Là-haut, une colombe s'envole,
D'en bas, je libère ces paroles :
« Combien de lune naîtront,
Au ciel baigné de son regard,
Avant que les coeurs environs,
Me pousse à venir la voir ?»
Et soudain, porté par une âme vagabonde,
Je franchi la frontière qui mène à son monde.
Toi ! Pierre précieuse taillée
Pour faire rêver.
Toi ! Ambassadrice d'un univers,
Qui s'emmêle à la corde de mes vers,
Je t'avoue toutes mes craintes et peurs,
Que j'écoule au rythme de mon c½ur.
Je t'ai imaginé comme la destinée,
Je t'ai rêvé reine à mes cotés,
Mais les rêves sont éphémères
Comme le roi et sa lumière.
Mes pas se fondent sur tes traces,
Je marche sans fin vers ton espace.
Le jour est allé se reposer,
Fatigué de nous étinceler,
Mais a crié au destin,
De te dévoiler ce refrain :
« Dur de t'évoquer mes sentiments,
Impossible que de t'aimer autant ! »
Puis, plus un mot. Le monde s'est figé un instant,
Comme une statue de marbre habitée par le temps.
La nuit vient de tomber,
Je n'ai rien ressenti.
Aurait-elle capitulée,
Ou s'est-elle juste endormi ?
Je la distingue à peine,
Sous cette lune pleine,
Telle l'ombre à la lumière,
Qui s'en va sans matière.
Mais ses mots ont la puissance absolue,
De mettre quiconque à nu,
Et de dévoiler ses formes authentiques,
A l'aveugle enfermé dans son monde poétique.
Ce soir là, mes prières ne se sont pas exaucées,
Mais son image jamais je ne l'effacerai,
Car son corps, son âme je ne pourrai l'oublier,
Même rendu fou par un amour démesuré.
Richard.L